Quand quelqu'un décède, les banques belges bloquent automatiquement tous les comptes à son nom. C'est une obligation légale destinée à éviter les abus jusqu'à l'identification des héritiers. Mais la loi prévoit une exception importante : un déblocage jusqu'à 5 000 euros pour les frais urgents, au premier rang desquels les funérailles.
Ce que dit la loi
Depuis la loi du 13 juin 2010, une banque belge peut, à la demande du conjoint ou du cohabitant légal, libérer jusqu'à 5 000 euros sur les comptes communs ou personnels du défunt, sans que l'attestation ou l'acte d'hérédité ait déjà été produit. Le montant ne peut jamais dépasser la moitié du solde disponible au moment du décès.
La loi est volontairement stricte :
- uniquement pour des frais urgents (funérailles, hôpital, loyer en cours) ;
- uniquement pour le conjoint ou cohabitant légal, pas les enfants ;
- facture ou bon de commande au nom du défunt ou du conjoint requis ;
- la banque est solidairement responsable si elle libère davantage.
Les autres héritiers qui avancent les funérailles peuvent récupérer la somme sur la succession par la suite, mais ne reçoivent pas de libération directe.
Ce que fait votre banque en pratique
La marche à suivre :
- Signaler le décès à la banque avec un extrait d'acte. La banque bloque alors les comptes.
- Demander la libération exceptionnelle via le formulaire que la banque envoie ou met à disposition en ligne.
- Joindre la facture funéraire (ou autre facture urgente) au nom du défunt ou du conjoint.
- La banque paie directement au pompes funèbres ou verse le montant au conjoint.
Certaines banques (KBC, BNP Paribas Fortis, Belfius, ING) demandent une visite en agence avec carte d'identité et facture. D'autres traitent tout en ligne via My Belfius ou Easy Banking. Demandez le tarif : la plupart facturent 50 à 150 euros de frais de dossier successoral, pas pour la libération elle-même.
Combien coûte une facture funéraire moyenne ?
En Belgique, en 2026, une obsèque coûte généralement 4 000 à 8 000 euros, selon les choix :
- crémation sans cérémonie : 2 500 à 3 500 euros ;
- crémation avec cérémonie : 4 000 à 6 000 euros ;
- inhumation avec pierre tombale : 5 500 à 8 500 euros ;
- obsèques de luxe ou rapatriement : 10 000 euros et plus.
Les 5 000 euros libérés couvrent donc souvent la base, rarement la totalité.
Et si le conjoint n'est pas en vie ou n'existe pas ?
La banque ne peut alors rien libérer avant production de l'attestation ou acte d'hérédité. Trois pistes :
- un héritier avance : conservez la facture originale et demandez remboursement sur la succession ;
- intervention du CPAS : pour une succession insolvable, le CPAS peut prendre en charge les frais et se retourner ensuite contre les obligés alimentaires ;
- assurance obsèques : une assurance en cours paie souvent directement au pompes funèbres et contourne ainsi le blocage.
Réserves honnêtes
- Les 5 000 euros sont un plafond, pas un droit automatique. La banque vérifie le solde et la nature de la facture.
- La libération réduit la succession d'autant. Ce n'est pas un cadeau, juste une avance au conjoint.
- Si le conjoint prend plus que sa part légale, il devra rembourser au moment du partage définitif.
- La banque peut refuser si le solde est insuffisant ou la facture non conforme.
Étapes via Nalenta
Dans notre dossier, vous trouvez le modèle de lettre à la banque avec les bonnes mentions, et nous suivons dans votre chronologie quelle facture a été introduite quand. Pour la vue complète sur le compte bancaire après décès, voir comment débloquer le compte.
Conclusion
Les banques belges peuvent libérer jusqu'à 5 000 euros au conjoint pour les funérailles. Demandez-le explicitement : cela n'arrive pas tout seul. Pour les autres héritiers ou les cas complexes, il vaut mieux avancer la facture et se faire rembourser sur la succession, ou activer une assurance obsèques.